vendredi 19 février 2010

Rigaerstrasse 105

Je suis dans le troisième train. De Mannheim à Berlin. Je n'écris pas. Depuis le début, je veux écrire sur ce lieu, sur sa chaleur, sur sa convivialité. Je veux écrire tout. Tout décrire. Comment ? Par quoi commencer ? L'idée de cette place ? Un café où chacun peut venir, apposer sa pierre à l'édifice comme les quatre fondateurs qui ont construit cet espace : galerie, salon de thé, salle de bain, chambre noire. Dès sa création, cet endroit avait rencontré des compagnons de route qui y ont trouvé leur place, accueillant les nouveaux-venus. Des aventures parallèles ont ici débuté, des amitiés, et des amours.

Je suis à Mannheim. Arrêt de quelques heures au cœur de la nuit. Un bout de voyage avec un des quatre fondateurs. Ces trois mousquetaires ont construit, collecté du matériel pour créer le mobilier. Puis, une fois le café lancé, ils avaient fait la publicité. C'est comme cela, qu'un soir d'été je les avais rencontré : « Un workshop de musique électronique ? Gratuit ? Bien sûr, je viens ! ». Très régulièrement, j'y suis revenue, rencontrant de nouvelles personnes, toutes plus époustouflantes les unes que les autres.

Je suis dans le deuxième train. De Paris à Mannheim. Je pense à ce café où j'ai l'habitude d'aller. Il suffit de se laisser tomber sur les canapés : on se sent chez soi. Arrivée seule ou accompagnée, je suis interpelée : Hey ! Céline ! Wie geht's ? Et chaque fois, de nouvelles rencontres, de longues discussions jusqu'au lever du jour, de nouvelles chorégraphies réinventent cet instant où je pousse la porte.

Je suis à Paris. Quelques heures à passer devant la gare de l'Est. Il ferait presque chaud si l'on compare à cet hiver rigoureux qui attend à Berlin. Je suis dans ce bar PMU. En transition. J'écris mais je recommencerai de nouveau, encore et encore, ne parvenant pas à trouver les mots pour décrire mes amis que je rencontrerai pour le changement d'année.

Je suis dans le premier train celui qui va à Paris. Je dors. Mais je pense à ce café, au chemin pour y aller. Descendre avec le tramway 10 à Bersarinplatz. La place des salamandres. Faire un quart de tour dans le sens des aiguilles d'une montre. Vous êtes à Rigaerstrasse. Laissez la librairie, le spätkauf. Vous êtes au 105. Poussez la porte.

La buée envahit mes lunettes.
Hey Céline !
Je suis arrivée.




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jeudi 28 janvier 2010

Soir

« Le soir est la meilleure partie de la journée
C'est le moment où l'on peut s'arrêter et contempler. »
Avant de reprendre sa route
Avant de reprendre ses occupations

Tout peut encore changer au cœur de la nuit
Avant le sommeil
Avant cet autre jour
Avant ce matin que je ne verrai pas.
Puis la journée passe et défile de ses minuscules changements
Un arrêt au moment où le soleil se couche
Tout peut encore changer
Tout peut redevenir possible
De ce qui, le matin ne l'était pas.

Ce ne sont que quelques tournants
Réduits du temps qui a passé
D'autant plus réduits
D'autant plus restreints
Que ce que j'ai vécu n'était motivé
D'aucun choix.
Coucher de soleil :
Sera ma nuit comme la journée que j'ai manquée ?
C'est ce que me rappelle la nuit qui tombe
Sur la Spree qui déjà noircie s'étend
Encaissée entre des bâtiments.

Le ciel embrasé
Du rouge à l'orange
Annonce une nuit qui vient
Trop tôt
Offrant son choix
Niant toute velléité.
Que sera ma nuit ?
Le ciel n'est que touches de peintures
De couleurs improbables,
Ambrées
Invitant à l'arrêt,
A la suspension ;
Le ciel borde le soleil
Libérant à la nouveauté.



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lundi 4 janvier 2010

Bonne année !!

Avec un peu de retard, je te souhaite, cher Lecteur, une très belle année 2010 ! Qu'elle t'apporte tout ce que tu souhaite ! Quant à moi, je prends la bonne résolution de poster plus souvent !!
A très bientôt pour le prochain texte (je le corrige en ce moment !).

Céline